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Film magnifiK & osé de Michaël Cuesta, qui avait précédemment réalisé le non moins crû & remarquable " L.I.E. - Long Island Expressway " en 2003,
qui tournait là encore autour du thème sympatoche de la pédophilie et du caractère profondément ambivalent de la plupart des rapports affectifs.
Dans cet opus, 3 pré-ados perdent leur 4ème camarade, brûlé vif dans une cabane perchée dans un arbre par un groupe rival qui n'avait pour but k d'incendier leur nid d'aigle, et ignorait qu'il s'y trouvait.
Tout le film tourne autour de l'idée de la faute originelle, commise par ignorance & inconscience, et des dégâts irréparables qu'elle engendre sur les esprits humains qui en ont été aussi bien les malchanceux témoins k les acteurs.
La trajectoire de vie des enfants survivants, à jamais modifiée par ce drame qu'ils ont été impuissants à prévenir, s'inscrit selon 3 modalités morales :
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- Le 1er enfant, frère jumeau du décédé, et prophétiquement maculé d'une tache de naissance rouge sang sur la moitié gauche de son visage, le vengera sans pitié,
sous l'influence diaboliQ de sa mère, qui commandite indirectement son crime en refusant de faire le deuil de son fils idéal tant k ses 2 assassins involontaires continuent à gambader.
Mal aimé par ses parents, qui lui préféraient son double immaculé, il va pousser au suicide le 1er coupable en étant le seul à lui rendre régulièrement des visites, à visée persécutrice et culpabilisante, durant son incarcération.
Puis, après un bref sursaut de conscience, après avoir planifié de prendre la fuite avec le 2d, une fois sa peine carcérale purgée, dans l'objectif initial d'échapper à la rage aveugle de sa monstrueuse mère, il l'abat néanmoins de sang-froid, sachant k sa victime est de toute façon déjà abandonnée de longue date par sa propre famille.
Il achète ainsi l'affection artificielle de sa mère de haine au prix du sang, en se rendant coupable de 2 meurtres prémédités.
Combien d'assassins ne sont en fait k le bras armé d'un coeur de pierre, enivré d'une folie sanguinaire, qui téléguide secrètement leur geste ?
La justice des hommes fait fi de la vérité divine.
Le père, lui, est totalement absent, s'effaçant dans une réalité parallèle, et ne peut donc faire contrepoids en procurant un cadre rationnel, et non passionnel, d'autorité, d'où la dérive totale.
Ici, le choix (im)moral accompli par l'enfant démontre un 1er type de réaction au traumatisme / péché originel :
non seulement il ne le dépasse pas, mais renchérit dessus en amplifiant le mal par son instinct de vengeance non subjugué : 2 morts violentes et préméditées en compensation d'une seule, de + causée par un malheureux hasard.
Cela synthétise assez bien la tendance générale de destructivité sur notre planète ...
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- Le 2d enfant, une petite fille en pleine crise de puberté, va, elle, faire le choix de retourner contre elle-même cette violence émotionnelle, en s'entichant d'un Apollon adulte aussi chaleureux k solitaire.
Etant à l'âge des 1ers émois sexuels, et souffrant, là encore, du vide identitaire car relationnel laissé par un père abandonniQ, divorcé de sa mère,
qui est elle-même + préoccupée de son couple détruit et du sort de ses clients (elle est psy !) k de sa relation de mère à sa fille,
notre pré jeune fille projette alors, en les amalgamant, ses attentes paternelles et sentimentales sur son pote bûcheron, qui n'en demande heureusement pas tant,
et saura résister à la séduction incestueuse qu'elle met en oeuvre, aussi bien intellectuelle k physiK, vis-à-vis de lui.
Etant lui-même hanté par une agonie terrible, elle aussi causée par le feu, qu'il n'a pu éviter (il a "euthanasié" une petite fille moribonde, au visage à moitié calciné, lors d'un incendie, alors qu'il était encore pompier),
il saura ne pas perpétuer le cercle de douleur inouï qu'il lit dans les yeux écarquillés de la splendide jeune fille qui lui tend son corps comme une offrande païenne, et distinguer sa soif de reconnaissance purement existentielle de ce simulacre de désir sexuel.
Le film en profite pour souligner, avec une finesse psychologiQ redoutable, combien il faut avoir été déjà blessé à l'âme, ou être remarquablement équilibré, pour trouver la force psychiK d'éconduire une requête affective et érotiQ aussi ardente et, donc, autant bouleversante k captivante ...
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Le 3ème enfant, emblême du petit gros doté d'une famille d'obèses mangeant comme ils respirent, sera, lui, gracié par l'intervention préventive (et non curative, contrairement à sa copine de misère) de son prof de sport,
qui est le 1er à discerner en lui son potentiel, en s'abstenant de le juger et en l'encourageant à changer.
En se sauvant, il sauvera aussi par contagion positive sa famille, en luttant contre leur destin lugubre de porcs affamés ayant refoulé leur humanité.
Pour obtenir cela, il aura entretemps traversé une véritable épreuve initiatiK, puisqu'il aura mis en danger de mort et lui et sa mère, en oubliant entre autres d'éteindre la gazinière familiale ...
Ici, la transmutation de la douleur est pleinement accomplie et réussie.
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